La nouvelle édition du Baromètre 2025 de la MILDECA révèle une hausse inquiétante du temps passé sur les réseaux sociaux, en particulier chez les jeunes. 80% des 15-24 ans reconnaissent passer plus de temps que prévu sur les réseaux. Pire, les plateformes dégradent la santé mentale des utilisateurs, selon le Baromètre.
Ils savent que les réseaux leur font du mal… mais y passent pourtant des heures. Le paradoxe des 15-24 ans, mis en lumière dans la cinquième édition du Baromètre 2025 de la MILDECA, dit beaucoup du rapport ambivalent que la société entretient avec ses écrans.
Selon l’étude, publiée le 27 novembre dernier par la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA), souligne que 60% des 15-24 ans considèrent que les réseaux sociaux ont un impact négatif sur la société. Pourtant, ils sont plus de la moitié (56%) à les utiliser plus de trois heures par jour.
Un contrôle qui échappe aux internautes
Pire, les réseaux sociaux semblent avoir créé une forme de dépendance. Si les internautes en sont conscients ils peinent à s’en extraire. Ainsi, chaque jour, 80 % des 15-24 ans et 68 % des 25-34 ans reconnaissent passer plus de temps que prévu sur les réseaux. Un usage excessif qui risque de dégrader leur santé mentale.
“On se rapproche de la définition d’une addiction”, s’inquiète le Dr Nicolas Prisse, président de la MILDECA. “Les plateformes ont bâti leur succès sur la captation de l’attention de l’utilisateur au détriment de sa santé: sommeil perturbé, troubles de l’attention, moral fragilisé, risques d’obésité sont des conséquences connues.”
L’étude s’est également penchée sur le rôle des créateurs de contenus et influenceurs, suivis sur Tiktok, Instagram ou encore Snapchat. Près des trois quarts des utilisateurs consultent leurs contenus, dont 40% régulièrement. Plus de la moitié des personnes présentant une santé mentale dégradée se disent influencées par ces contenus, tant dans leur mode de vie que dans leur façon de penser.
Au-delà des réseaux sociaux, une large majorité des répondants estime passer plus de temps que voulu sur diverses activités en ligne, comme les achats, le gaming ou streaming. Près d’un quart de ceux qui effectuent quotidiennement ces activités déclarent y consacrer plus de trois heures par jour. Beaucoup affirment avoir tenté de réduire leur usage, sans y parvenir. Au travail, les Français ne sont pas non plus épargnés. 16% d’entre eux assurent ne pas réussir à se déconnecter de leurs outils professionnels.
Face à ce phénomène, le gouvernement tente de prendre le problème à bras le corps. Depuis plusieurs mois, Emmanuel Macron plaide pour une majorité numérique à 15 ans. L’objectif? Portéger les jeunes de la dépendance aux plateformes. Les eurodéputés ont également adopté le 26 novembre dernierun rapport non contraignant plaidant pour interdire aux moins de 16 ans l’accès aux réseaux sociaux, aux plateformes vidéo et aux compagnons d’IA dans les différents pays de l’UE.
Partager

